Lorsqu’elles sont indiquées, les facettes et les chips comptent actuellement parmi les restaurations antérieures les plus esthétiques.

Une facette dentaire, c’est une fine pellicule de céramique collée sur la surface extérieure de la dent pour combler des défauts morphologiques, la rendre plus blanche, plus résistante, plus adaptée à la morphologie ou à la demande esthétique du patient.

Elles sont peu invasives et ne nécessitent que peu de préparation malgré la préparation d’une couche d’émail saine interdisant ainsi pour le patient tout retour en arrière.

Il existe 2 types de facettes : les traditionnelles qui font min 0,5 mm d’épaisseur et qui nécessitent une préparation réelle de la dent, et les facettes pelliculaires minimalement invasives qui font de 0,2 à 0,3mm d’épaisseur pour lesquelles la préparation est très faible ou inexistante. Selon le Dr jean François Lasserre dans son livre Fusion : En Laboratoire on retrouve « trois techniques de fabrication : Les petites pièces (<5 mm de diamètre), sont réalisées en céramique feldspathique stratifiées, soit sur revêtement réfractaire, soit sur matrice de platine. Les plus importantes (> 5 mm de diamètre), permettant le positionnement d’une tige de coulée, sont réalisée en céramique pressée. »

 

L’épaisseur d’une lentille de contact comparée à celle d’une facette pelliculaire

 

Les facettes en céramique sont collées grâce à un composite d’assemblage interposé entre deux surfaces prétraitées : les tissus dentaires et l’intrados céramique. Le collage de cette céramique vitreuse demande une technicité bien particulière. A nouveau, le chapitre 12 du livre fusion détaille le procédé et alerte sur certaines erreurs à ne pas commettre. En effet, ce matériaux a une aptitude particulière pour le collage car sa matrice à base de verre est sensible aux attaques physicochimiques. Les différents  protocoles sont expliqués, avec ou sans acide Fluorhydrique.

 

 

Processus Pré-pose chez le dentiste

 

« Quand un patient demande des facettes … » nous explique le docteur G. à Toulouse « Il y a plusieurs points de contrôle préalable : Il faut d’abord étudier la physionomie de la personne pour ensuite se pencher sur la phonétique.

Il convient de regarder s’il/elle en a vraiment besoin, comment se positionne la gencive, le corridor buccal (l’espace que les dents prennent dans l’ouverture entre les lèvres), le profil incisif, les couleurs des dents, les courbes des incisives, et les proportions verticales et horizontales.

Ensuite, il faut voir comment le patient parle, comment il sourit et rit avec l’aide de photos et vidéos qui sont prises lors des différents RDV.

Tout cela représente l’analyse esthétique, et permet de mieux communiquer avec le prothésiste et avec le patient.

Concernant le choix de type de facettes, des réalisations classiques sont recommandées pour des dents très en retrait, pour récupérer une couleur profonde, pour les dents cassées, ou pour des dysharmonies. Les facettes additives et pelliculaires sont préconisées pour des petites correction de forme, position ou de nécessité d’éclaircissement, elles ont l’avantage de ne nécessiter que peu ou pas de préparation de la dent.

Ensuite, une empreinte (optique ou surfacique) du patient est prise, puis transférée sur un logiciel esthétique type exocad. Le but étant alors de designer le profil idéal des dents désirées. Le logiciel génère des fichiers STL qui seront envoyés au laboratoire de prothèse.

Le laboratoire réalise à partir du modèle un « wax-up ». On en tire une clé en silicone qui permettra au praticien de faire le « mock-up ».

 

Clé en silicone d’un « wax-up »

 

Le wax-up permet au dentiste de réaliser un mock-up.

 

Mock-up dentaire

 

A la fin du processus, le patient se retrouve avec des facettes provisoires (un masque en résine) qui imite l’effet final et définitif. Cela permet au patient de se projeter et le masque peut être porté quelques jours.

 

Fabrication de la facette au laboratoire

 

Nous sommes allés à la rencontre de deux prothésistes qui utilisent des procédés de mise en œuvre différents : Olivier Chaze près de Toulouse qui utilise une technologie numérique et Guillaume Sabathier proche de Montpellier une méthodologie artisanale.

 

Avec Olivier CHAZE

 

Olivier Chaze est gérant d’un laboratoire du même nom employant Six salariés située au Centre Médical Bernadet à Plaisance-du-touch (périphérie de Toulouse). « Nous avons plaisir à travailler ici » dit il « dans un local neuf, lumineux et spacieux.  Le laboratoire est équipé des dernières technologies numériques (imprimante, scanner, usineuse). »

 

Olivier, Combien de temps cela te prend-il pour réaliser une facette, et comment t’y prends tu ?

 

Pour les facettes nous scannons les modèles et les modélisons à l’aide d’un logiciel spécialisé afin d’obtenir le meilleur rendu possible. Nous comptons en moyenne 10 minutes de scan par arcade, puis 10 minutes supplémentaires par dent. Une fois les dents scannées et modélisées celle-ci sont prêtes à être usinées. Les facettes en cire sont contrôlées sur le modèle en plâtre puis mises en cylindre à l’aide d’un revêtement résistant aux fortes températures. Le cylindre est ensuite placé dans un four afin de procéder à la cuisson et à la pressée. Une fois refroidies, les facettes brutes sont maquillées en surface selon la teinte du patient. le maquillage est une étape déterminante du process. C’est ici que l’on passe le plus de temps et que notre attention se focalise le plus. Evidemment, qui dit esthétique en bouche dit esthétique au laboratoire. C’est pourquoi il m’est nécessaire de peaufiner chaque détail au pinceau.

 

Avec Guillaume Sabathier

 

D’autres solutions de fabrication des facettes sont possibles, c’est ce que nous pouvons voir avec Guillaume Sabathier dans son atelier dentaire à MONTFERRIER-SUR-LEZ.Guillaume a une technique plus artisanale « je ne travaille que sur des modèles en plâtre avec soclage Giroform, soit par cuisson sur duplicata du modèle de travail avec du revêtement réfractaire, soit par cuisson avec une feuille de platine directement estampée sur le modèle positif unitaire.» Pour la technique sur die réfractaire, j’utilise la cuvette de chez Amanngirrbach qui me permet de dupliquer mes dies en plâtre en die réfractaire. Après une étape de déshydratation je monte directement ma céramique sur le die réfractaire. Quand j’ai la possibilité, j’applique une feuille de platine afin de monter la céramique dessus, cette technique est plus rapide, m’apporte un résultat esthétique et parfois même plus précis. L’intrados de la céramique présente ici, après le retrait de la feuille, un aspect lisse, vitrifié et peu de rugosité. Un sablage est préconisé. Je stratifie toujours mes facettes, afin d’avoir un résultat esthétique optimal, tant au niveau de l’épaisseur qu’au niveau de la teinte. »

 

 

 

De retour au Cabinet dentaire

 

Nous y voilà … le patient est au fauteuil, a validé psychologiquement et socialement sont nouveau sourire, il est donc prêt à accueillir ses facettes.

C’est le moment de revenir sur le chapitre 12 « coller la céramique » du livre Fusion de Jean-françois Lasserre :

Le docteur Lasserre nous explique toute la chronologie bien établie entre prétraitement de la céramique, conditionnement des tissus dentaires et assemblage à l’aide d’un film de colle composite.

 

Etape 1 : Anesthésie
Etape 2 : Nettoyage et décontamination. Les surfaces dentaires sont décapée
Etape 3 : Essai clinique – Ajustage, observation des frictions et points de contact
Etape 4 : Champs opératoire Aucun collage selon le docteur Lasserre ne peut être pérenne sans une isolation attentive et la mise en place d’un champs opératoire visant à éviter les contaminations par le sang, la salive, les secrétions gingivales ou simplement la condensation liée à la respiration du patient.
Etape 5 : Traitement adhésif des surfaces céramiques, réalisé par le praticien puis conservé sous un cache à l’abri de la lumière et des poussières.
Etape 6 : Traitement adhésif des tissus dentaires
Etape 7 : assemblage à l’aide d’un composite photopolymérisable ou dual
Etape 8 : Finition Marginale pour éliminer les résidus de colle et favoriser une parfaite intégration esthétique et biologique.

 

Nous recommandons vivement, tant aux prothésistes qu’aux praticiens passionnées par les restaurations céramiques la lecture du nouveau livre FUSION chez Quintessence international du Dr jean Francois Lasserre.

Le docteur J.F. Lasserre nous livre avec générosité tous les aspects de la création esthétique dentaire. Son point de vue est une véritable science pour tout le monde. Du néophyte au laboratoire en passant bien sur par l’omnipraticien, voici ici le livre que Jean François Lasserre espérait tant écrire depuis plus de 30 ans. « Ça n’aurait pas été du tout le même livre » nous confie-t-il, « l’expérience m’a apporté beaucoup d’éléments qui n’auraient pas été décrits de la même manière. Un grand merci à Quintessence qui m’a offert ce beau cadeau ». Alors bien sûr, il n’en oublie pas l’ensemble des coauteurs comme Alain Brabant, Hélène et Didier Crescenzo, Roberto Iafrate et Luca Dalloca et bien d’autres qui ont tous leur importance dans cet ouvrage et qui ont participé pleinement à ces 3 ans et demi de travail.
Vous l’aurez compris, nous rencontrons ici une œuvre scientifique et littéraire passionnante, riche et remplie d’expériences et d’un savoir faire pluridisciplinaire.

Merci pour cet écrit et pour votre pédagogie qu’il faut d’urgence mettre entre toutes les mains !